
J-7. Dernière ligne droite, on y est. Plus moyen de faire machine arrière et de reculer une nouvelle fois l'inévitable : dans 1 semaine jour pour jour je reprends le chemin du travail. Après plus de 6 mois d'arrêt, dont 5 à materner, l'heure a sonné, il est temps pour moi de rejoindre ce fameux club des mamans qui travaillent et d'apprendre à jongler avec toutes les facettes de ma vie : femme, amie, amante, maman, maîtresse de maison, professionnelle...
Ça fait plusieurs mois que j'y pense, que je m'y prépare mais pourtant à l'approche de la date fatidique je ne peux m'empêcher d'avoir la boule au ventre. Fini le doux tête-à-tête, bonjour organisation, course après le temps, gestion de tout tout le temps... Pfff j'ai l'impression que les choses sérieuses vont réellement commencer et que ces 5 premiers mois n'étaient en fait que l'échauffement.
Tout se bouscule dans ma tête : quelques envies et surtout une multitude de peurs.... L'envie de retrouver mon travail, mes collègues, mes lecteurs. L'envie d'exister et de me réaliser à nouveau concrètement en dehors de mon foyer. L'importance de me décoller de ma poupée avant de virer maman fusionnelle et obsessionnelle. Le souhait de ne pas m'enfermer dans ce rôle de femme au foyer dans lequel je ne me retrouve pas. La peur de ne plus voir grandir ma fille, de rater des choses essentielles de son évolution. La peur que ma fille considère ma mère comme sa maman (oui car dans mon cas c'est ma mère qui va la garder, mais je reviendrai dessus une prochaine fois). La peur que notre lien s'effiloche. La peur de ne pas réussir à être une super working mum et à assurer sur tous les plans. La peur d'être crevée, stressée, débordée et de finalement passer à côté de l'essentiel. La peur de ne pas retrouver ma place à mon boulot. Finalement, j'ai tout simplement peur de sortir de ma bulle de jeune maman. Non pas que je vivais cloîtrée avec ma fille dans le monde merveilleux de Oui-Oui, mais il faut bien avouer que ces quelques mois dans la vie d'une femme sont tellement uniques et intenses, que lorsque la cloche retentit on ne peut pas s'empêcher d'avoir du mal à quitter la cour de récré. Et comme je vous l'ai dit dans mon post précédent j'ai un penchant pour la nostalgie, alors là je vous raconte même pas...
Mais après tout, je ne suis pas la première et certainement pas la dernière à passer par là, à me poser toutes ces questions, et à finalement affronter la situation en faisant comme nous toutes, au mieux. J'espère juste que je saurai trouver le juste équilibre nécessaire à mon bonheur, à notre bonheur.
Pour l'heure, il me reste 1 semaine et je n'ai pas envie de la gâcher en passant mon temps à me croquer le cerveau comme je sais si bien le faire, mais plutôt de profiter de chaque miette de congés qu'il me reste et de temps à partager en tête-à-tête avec elle...